Accueil » Carnet de route » Bolivie » La Bolivie et les boliviens…

La Bolivie et les boliviens…

Classé dans: Bolivie | 3

Du 18 au 24 mai 2015

 

Nous arrivons à la frontière bolivienne après avoir déjeuné. Il n’y a pas un chat, les formalités côté Pérou sont rapides et nous attaquons celles côté Bolivie. Les passeports sont tamponnés en dix minutes et le permis d’importation fait en cinq minutes, fastoche ! Il ne reste plus qu’à aller faire tamponner le permis par la police. Le policier nous accueille tout de suite avec un petit sourire en coin en nous disant « c’est vous les personnes en camping car ! », bon, on est repéré… Il vérifie que tout soit en règle puis nous demande si nous avons une assurance. Nous n’en avons pas puisque nous la prenons généralement à chaque frontière et il est vrai que cette fois-ci nous comptions l’acheter à La Paz pour qu’elle soit valide aussi pour les pays limitrophes. Il nous dit qu’à la frontière il n’y a pas d’assureur et que c’est un problème. On discute de longues minutes et lui demandons quelle est la solution… On est obligé d’aller l’acheter dans une autre ville mais en même temps il ne veut pas nous laisser partir ! Il finit par nous dire qu’il va devoir nous sanctionner, il nous parle d’une sorte d’amende mais volontaire… En d’autres mots, il veut un bakchich ! Nous sommes obligés de lui glisser un billet pour qu’il nous laisse entrer dans le pays. Super le premier contact avec les boliviens !!! Bref nous continuons notre route. Le lac Titicaca côté bolivien est plus joli et on en apprécie alors toute l’immensité. Quel dommage de ne pas avoir le temps d’aller faire une balade sur la Isla Del Sol. La vue sur la Cordillère Royale doit être encore plus belle. Nous arrivons au bout de la route et devons emprunter une barge pour passer de l’autre côté de la rive. Même pas peur, les barges sont beaucoup plus larges que celle sur laquelle nous avions été au Guatemala… C’est une histoire de 15 petites minutes et nous sommes de l’autre côté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous continuons jusqu’à Copacabana, malheureusement rien à voir avec le Copacabana du Brésil, la petite ville est bien au bord de l’eau mais il fait gris et froid…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous ne nous y attardons pas et reprenons la route pour la capitale. En arrivant au abord de la ville, la première étape est de trouver de l’essence. Les stations sont abondantes mais aucune ne souhaite nous servir ! Nous savions que l’essence était facturée trois fois plus chère aux étrangers qu’aux locaux mais nous ne savions pas que seulement quelques stations étaient habilitées à nous servir. Nous essuyons quatre refus et rageurs, décidons d’essayer un peu plus loin. Nous nous engageons sur la route principale pour ensuite bifurquer et contourner la ville par le sud. C’est l’enfer, la circulation est épouvantable, il y a trois voies et pourtant nous sommes sur cinq files. Il est difficile de ne pas toucher les autres véhicules avec notre camping car, Cédric se débrouille comme un chef et n’effleure que quelques rétros. Après un bouchon d’une heure, nous nous dégageons enfin de la circulation. C’était vraiment super chaud cette fois-ci. Nous contournons La Paz et trouvons enfin une station essence qui veut bien de nous. La jeune fille à la pompe n’a normalement pas le droit de nous servir, elle nous remplit le réservoir et les jerricanes en douce. Nous réglons vite et partons, elle nous rattrape de justesse pour nous dire de ne pas donner le nom de la station si toutefois quelqu’un nous posait des questions. Ils sont vraiment fous dans ce pays, on a l’impression de commettre un crime quand on fait le plein d’essence ! En chemin, nous tombons sur une curiosité géologique.

Coincée au creux d’une cuvette, la « Valle de la Luna » est un canyon dont les eaux ont érodé la roche très friable en centaines de cheminées de fées, en quelque sorte le Bryce Canyon bolivien, c’est vraiment très joli !

Nous nous installons enfin à l’hôtel Oberland, petit complexe agréable tenu par un Suisse. La raclette et la fondue sont au menu du restaurant mais nous résistons et nous rabattons sur la viande qui est excellente. Le jour suivant, nous partons à La Paz pour la journée. Nous demandons au taxi de nous déposer au centre devant l’église San Francisco, le plus bel édifice colonial de la ville. Celle-ci a été érigée à l’endroit même du site de fondation de la Paz par les espagnols. La ville grouille, il y a des gens partout et la circulation est intense, nous nous frayons un chemin tant bien que mal dans ce capharnaüm ! Nous nous faufilons dans les ruelles derrière l’église pour acheter quelques derniers souvenirs (pour mes parents). Nous poussons jusqu’au marché des sorcières, là sur quelques étals, nous pouvons trouver herbes, pierres magiques, potions mystérieuses ou même des fœtus de lamas. En effet, aujourd’hui encore, on enterre un fœtus de lama sous chaque nouvelle construction. Un petit lama blanc est également sacrifié afin de répandre son sang autour de la maison !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir parcouru les rues de long en large en travers nous prenons une bonne pause déjeuner et nous choisissons un excellent restaurant mexicain, ça nous rappelle de bons souvenirs !!! La sangria coule à flot et nous nous régalons de chili, d’empanadas, de tacos et de guacamole, pas très local mais délicieux. Nous faisons ensuite le tour des agences pour trouver notre fameuse assurance, celle qui nous a valu 10 dollars de « propina » à la douane… On perd beaucoup de temps mais au moins nous serons en règle. Nous finissons la journée en prenant de la hauteur. Nous prenons les tout nouveaux téléphériques de la ville pour admirer la vue d’en haut qui est impressionnante. La Paz est la capitale la plus haute du monde, elle se situe dans un canyon aride entouré de pics enneigés de plus de 5000m et est étagée de 3200m à 4000m. Les maisons en parpaing ont rongé les flancs montagneux, les vieilles bâtisses coloniales se mélangent avec les buildings disgracieux, la circulation y est infernale, bref une capitale des plus surréalistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous regagnons l’hôtel en fin de journée pour notre dernière soirée en famille, eh oui Dominique et Marcel nous quitte déjà demain… Ce soir c’est l’anniversaire de Nell, elle fête ses 9 ans en Bolivie ! Nous allons au restaurant et commandons une excellente fondue chinoise, ça ne se fait pas mais nous emmenons même notre bon vin français pour accompagner le repas (y en a marre de la piquette)! Nous finissons la soirée dans le camping car et Nell souffle ses bougies et ouvre ses cadeaux. Une belle façon de clore ces 15 jours de vacances passés avec mes parents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain matin, l’ambiance est un peu plus morose, il est temps de partir pour l’aéroport, les adieux sont difficiles même si nous savons que nous serons bientôt de retour à la maison… Au bout de 10 mois de voyage, la famille et les amis nous manquent de plus en plus. Après cela, nous retournons à l’hôtel et nous prenons une journée pour faire un peu de nettoyage et nous remettre dans notre train-train quotidien.

Nous reprenons la route en direction du Salar d’Uyuni. Voyager en Bolivie n’est pas des plus faciles, les boliviens ne sont pas très accueillants, les supermarchés inexistants, le wifi rare et l’essence chère. Nous ne sommes finalement pas très emballés par ce pays et décidons donc de tracer et faire le minimum. Nous avalons les kilomètres sans rechigner et après 1 jour et demi de route nous arrivons à Uyuni au petit matin. Uyuni, une ville de désolation perdue à 3656m d’altitude, rues poussiéreuses, vent glacial, sacs plastiques virevoltants, le décor est posé… Nous nous ravitaillons (tant bien que mal) et prenons dare-dare la route du Salar. Pour y arriver 25km de piste, pour atterrir à Colchani, bled paumé où vivent une cinquantaine de famille de l’extraction du sel et du passage éclair des touristes. Nous passons les stands de souvenirs et filons directement sur le lac salé. Au début, nous suivons la piste visible empruntée par tous les 4×4 d’excursions, nous roulons une bonne trentaine de minutes et tombons sur une première île. En fait tous les touristes s’arrêtent là pour grimper en haut et avoir une vue d’ensemble sur le Salar, une vingtaine de véhicules sont déjà garés. Du coup, nous fuyons la foule, si nous sommes venus sur le Salar c’est pour avoir la paix. Nous continuons en direction de la petite île de Pescador. Bientôt la piste n’est plus visible et nous sommes seuls au monde. Comme nous n’avons pas de carte GPS, nous nous aidons des reliefs alentours pour nous guider. La sensation est étrange, parfois on a l’impression que l’on va glisser comme sur de la neige et parfois on a l’impression de naviguer à bord d’un bateau… Le Salar d’Uyuni, c’est comme le Machu Picchu, nous en rêvions et nous avons de la peine à croire que nous y sommes ! Cet immense désert de sel, le plus grand du monde, s’étend à 3650m d’altitude sur 12500km2. Du blanc à perte de vue, au loin se détache le volcan Tunupa et l’ocre des montagnes. Nous arrivons sur l’île déserte de Pescador et nous sommes seuls, tels des robinsons. Nous descendons du camping-car, on croirait marcher sur la neige, le sel craque de la même façon sous nos pieds. Le paysage est tout simplement hallucinant, nous montons sur cette île volcanique hérissée de cactus géants pour avoir une vue encore plus saisissante. Nous ne nous lassons pas de ce paysage, petit à petit le coucher du soleil laisse place à un magnifique ciel étoilé. Nous passons une nuit fraîche mais tellement silencieuse. Le lendemain toujours personne à l’horizon ! Nous occupons notre matinée à jouer avec les perspectives en prenant quelques photos souvenirs. Nous avons du mal à partir et décidons donc de déjeuner une dernière fois sur le Salar avant de regagner Uyuni.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois arrivés en ville nous nous mettons tout de suite à la recherche d’un « lavadero », en effet le camping-car a bien besoin d’un dessalage et d’un bon nettoyage, le sel est tellement corrosif… Après une bonne douche, nous allons jeter un œil au cimetière de trains de la ville. Nous découvrons sur fond de paysage désertique, des carcasses rouillées de locomotives à vapeur, une vision apocalyptique ! Ces trains transportaient en fait le minerai au Chili et au Brésil dans les années 1930 et 1940. Cela devient vite un grand terrain de jeux pour les filles, elles grimpent partout et jouent aux cheminots le temps d’un instant et moi j’en profite pour immortaliser la scène avec mon appareil photo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensuite, direction la station essence puis nous sortirons de la ville pour trouver un bivouac dans la nature. Nous roulons tranquillement quand nous entendons un chauffard klaxonner sans relâche, encore un excité du volant, de toute façon ici ils ne savent pas conduire sans klaxon. Un véhicule arrive à notre hauteur et nous découvrons Sylvain et Pauline ! Nous les avions rencontrer en Basse-Californie (Mexique) il y a 7 mois en arrière ! Ce sont les retrouvailles, changement de programme, nous restons bien évidemment à Uyuni pour passer la soirée avec eux. Les pauvres sont coincés ici car leur van nécessite des réparations, pas franchement la ville rêvée pour passer une semaine. Nous passons une bonne soirée et le lendemain matin Cédric est mis à contribution pour la réparation du van. Malheureusement les dégâts sont plus importants que prévu, des pièces sont cassées, Cédric ne peut pas faire grand chose. C’est à contre cœur que nous les quittons pour continuer notre route.

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant, nous n’avons qu’une idée en tête, quitter la Bolivie pour un pays plus civilisé l’Argentine. Nous avons notre dose de la Bolivie et des boliviens ! Nous passons par la ville minière de Potosi sans nous y arrêter et profitons une dernière fois des paysages boliviens. Après une halte et de nombreux kilomètres, nous arrivons à Villazon, ville frontière avec l’Argentine avec le sourire aux lèvres. Notre ardeur est vite calmée quand nous voyons un barrage humain devant nous… La poisse, encore des manifestants qui bloquent la route et il n’est que 16 heures. Nous essayons de parlementer avec le chef du « bloqueos » mais rien n’y fait. Il nous dit qu’il ne peut pas nous laisser passer autrement il va se faire remonter les bretelles ! La seule solution, aller à pied jusqu’à la place du village et demander une autorisation de passage écrite et signée par le supérieur… Je prends Nell avec moi (généralement ils ont plus de pitié quand il y a des enfants) et nous parcourons à pied le kilomètre et demi qui nous sépare du centre en traversant un deuxième barrage. Nous arrivons devant un attroupement, ça parlemente sec, nous sommes, comment dirais-je, comme deux gouttes d’huile dans un verre d’eau, de pauvres petites touristes blanches au milieu de villageois en colère ! J’essaye de repérer les meneurs, je tente une première approche avec un Monsieur qui m’écoute une seconde puis m’ignore carrément, ok… A la deuxième tentative, on daigne enfin me répondre mais malheureusement l’homme me dit qu’ils vont entrer en réunion et qu’il faut patienter, ça devrait se débloquer d’ici deux heures. Je me rend tout de même à la police pour tâter le terrain, bien sûre, eux ne peuvent pas aller contre le mouvement des manifestants et selon eux la frontière ne sera pas ré-ouverte avant au moins 20 heures. Nous nous apprêtons à rentrer bredouille Nell et moi, quand nous voyons le camping-car arriver droit devant nous ! Le premier barrage a été levé et Cédric a forcé le second sous les regards assassins des manifestants. Nous filons en direction de la frontière pour tenter notre chance. A peine arrivés, on nous crie dessus que l’on ne passera pas et que la douane va être fermée pendant 4 jours. Nous sommes au bout du rouleau, nous n’arriverons décidemment pas à quitter ce pays ! Nous nous garons à quelques dizaines de mètres avec le poste de frontière en vue et décidons de patienter, nous ne nous sentons pas trop de passer la nuit dans la ville mais si nous ressortons, nous ne pourrons peut-être pas revenir à nouveau demain… Deux longues heures passent et rien ne bouge, la nuit est tombée mais cela n’a pas l’air de décider les manifestants à partir. Encore une heure et demi de plus et la frontière ouvre enfin, nous allons vite faire la queue pour les formalités. La Bolivie étant un pays des plus organisés nous attendons 3 heures pour pouvoir sortir du pays ! Nous sommes les derniers, il est 11 heures du soir, l’immigration argentine a enfin tamponné nos passeports. Reste l’importation et la fouille du véhicule. Heureusement les douaniers argentins sont très gentils et compétents malgré une panne de l’imprimante qui doit nous sortir notre permis d’importation ! Nous demandons l’autorisation de passer la nuit sur le parking de la douane car nous ne nous sentons plus la force de rouler, heureusement ils acceptent…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je crois qu’on n’a jamais été si content d’être dans un nouveau pays !

La Bolivie est un des pays qui nous a le plus déçu, la population n’est pas du tout prête à accueillir des étrangers et cela se ressent partout. Le réseau routier n’est pas non plus très développé, à part l’axe principal qui va du nord au sud, il y a encore beaucoup de pistes. Par contre, nous avons adoré nous perdre sur le Salar d’Uyuni, un moment et un lieu unique en son genre. Nous souhaitions également découvrir le Sud Lipez qui paraît-il est incroyablement beau mais cela était impossible avec notre véhicule et compliqué à organiser en excursion avec les enfants, tant pis…

Nous avons du mal à croire que nous sommes en Argentine. Tout au long du voyage, on nous a demandé à chaque frontière jusqu’où on allait et quand on répondait « l’Argentine », cela nous paraissait si loin ! Nous prenons petit à petit conscience que la fin du voyage approche à grands pas et qu’il faut commencer à se préparer au retour…

3 commentaires

  1. nicole
    | Répondre

    Quel plaisir de lire régulièrement les aventures de la famille Socquet, c’est comme un roman, on devient accro à vos aventures, continuez à nous faire rêver jusqu’à cet été.
    Gros bisous de Nicole et Rachel (the standardistes)

    • Cédric Socquet
      |

      Coucou les filles !
      Nous faisons de notre mieux mais le roman est bientôt terminé, retour à la vraie vie le 25 juillet !!! On vous prépare quand même encore quelques chapitres…
      Bises à très vite

  2. Sylvain & Pauline
    | Répondre

    Quoi ? Vous avez pas aimé la Bolivie ? Ni les Boliviens ??!

Poster un commentaire