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La Colombie, couleur café…

Classé dans: Colombie | 3

Du 19 février au 17 mars 2015

 

Quelle joie de fouler le sol colombien ! Nous avons du mal à croire que nous sommes en Amérique du Sud, nous réalisons que nous avons déjà parcouru un long chemin et que la dernière partie de notre voyage se présente déjà à nous.  Nous savons d’ores et déjà que nous n’irons pas jusqu’à Ushuaïa pour des questions de temps et de météo mais nous sentons que cette partie du continent à de très belles choses à nous livrer. Au départ, nous n’avions pas prévu de passer par la Colombie pour des questions de sécurité mais nous avons changé d’avis d’une part à cause de la mise en route du ferry et puis surtout parce que les nombreux voyageurs rencontrés en chemin nous en ont dit beaucoup de bien.

Notre ferry s’approche donc des côtes colombiennes en fin de matinée après une nuit plutôt calme à bord. Il est environ midi, nous sommes les premiers à débarquer puisque nous possédons un véhicule. Nous laissons le camping car sur le quai pour l’inspection qui se fera plus tard et nous dirigeons faire l’immigration pour faire tamponner nos passeports. Nous rassemblons ensuite tous les papiers nécessaires pour le permis d’importation du véhicule. Le responsable part avec les papiers et revient après de longues minutes d’attente. Je reste ensuite avec les filles pendant que Cédric part récupérer le camping car et faire l’inspection avec les douanes. Et là nous attendons, encore et encore… Heureusement, de nombreux animaux nous entourent (aras rouges, aras bleus, paons, lapins…) ce qui à l’avantage de nous occuper un moment. Les véhicules arrivent au compte goutte sachant qu’il y en a huit et évidemment tout le monde est sorti sauf Cédric !!! Les autres me disent qu’il y a juste un petit problème concernant l’assurance du véhicule mais qu’il devrait sortir d’ici cinq minutes. Il est maintenant 16h, tout le monde s’en va et je reste seule avec les filles et Cédric n’arrive toujours pas. Je vais plusieurs fois voir l’agent de sécurité qui attend comme moi patiemment que Cédric arrive pour enfin finir sa journée de travail, j’insiste en lui demandant de nous laisser entrer sur le port pour voir ce qui se passe mais rien n’y fait. Je lui dis que les filles meurent de faim et de soif (nous n’avons du coup pas mangé à midi et je n’ai même pas d’argent sur moi), il ne peut pas faire avancer les choses plus vite mais nous donne aimablement son casse croûte pour nous caler (deux petits pains au fromage délicieux). Je retourne le voir régulièrement, il fait de son mieux, m’explique que l’assurance s’est trompée sur la marque du véhicule, qu’ils ont dû recommencer mais que maintenant ils ont perdu nos nouveaux papiers d’assurance. Un vrai casse tête, j’imagine que Cédric doit être en train de bouillir de l’autre côté et les filles aussi commencent à être au bout du rouleau ! C’est finalement à 18h que je vois enfin arriver le camping car… Alléluia !!!! Les douaniers s’excusent (même si ce n’est pas de leur faute) et nous prenons vite la route à la tombée de la nuit jusqu’à la Plage de Laguito juste à côté de Cartagena. Quelle journée ! Le seul point positif est que Cédric a bien plaisanté avec la douanière chargée de l’inspection et que celle-ci n’a du coup pratiquement rien fouillé. Nous retrouvons ainsi les Lilibussiens sur un petit parking près de la plage où nous prenons un repos bien mérité !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain nous déménageons plus près de la plage pour mieux nous installer et  ainsi nous occuper de cette fuite d’huile dans le moteur. C’est là que nous rencontrons Monique et André, un couple belge qui fait le même voyage que nous mais dans l’autre sens. Eux, attendent le fameux ferry depuis bientôt deux semaines, ils sont donc contents de trouver de la compagnie. Nous sympathisons rapidement et échangeons des infos à l’occasion d’apéros bien appréciés ! André essaye même d’aider Cédric avec ses ennuis mécaniques. D’ailleurs en fin de journée, Cédric ayant toujours la tête dans le moteur, un colombien s’arrête pour lui demander ce qui ne va pas. Cédric lui explique et il s’avère que ce jeune homme est passionné de mécanique. C’est comme cela que nous faisons la connaissance de Carlos. Il veut absolument nous aider, passe quatre ou cinq coups de fils pour être sûr d’où provient la panne. Résultat, demain matin, 8h30, il passe prendre Cédric pour aller acheter les joints à remplacer sur la pompe ! Quel coup de chance d’être tombé sur lui. Le lendemain, il est bien au rendez-vous, il emmène Cédric aux quatre coins de la ville, se démène autant qu’il peut. Ils reviennent avec les joints, démontent, remontent mais la fuite est toujours conséquente. Il repasse quelques coups de téléphone pour obtenir d’autres conseils et à la fin de la journée après avoir démonté la pompe au moins six fois, celle-ci ne fuit plus. Nous remercions chaleureusement Carlos qui nous a enlevé une sacrée épine du pied ! Nous avions entendu dire que les colombiens étaient très gentils mais là ça a dépassé toutes nos espérances… Un inconnu qui passe son jour de congé à vous aider, qui court les quatre coins de la ville et qui paie même les pièces de rechange, ce n’est pas en France qu’on verrait ça !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant ce problème résolu, nous avons l’esprit libre pour apprécier les alentours ! Nous visitons la ville de Cartagena d’abord de nuit afin d’apprécier son ambiance festive, assistons à des spectacles de rue (danses des Caraïbes) et nous délectons d’une délicieuse pizza. La ville nous plaît beaucoup, nous y retournons donc dès le lendemain matin. Nous trouvons une toute autre ambiance, les rues sont calmes et les boutiques ouvrent péniblement aux alentours de 10h00. Nous profitons que la ville soit encore endormie pour prendre des photos de charmantes ruelles fleuries et montons ensuite sur les fortifications pour avoir une vue panoramique. Ce port colonial de la côte caraïbe, classée au patrimoine mondial de l’Unesco recèle une quantité incroyable de trésors, héritage de son passé tumultueux entre les pirates sanguinaires et les conquistadors. Le « Palacio de la Inquisicion » sur la Place de Bolivar, la place de Santo Domingo avec son église et sa sculpture de Botero, la Porte de l’Horloge, le Couvent et l’Eglise de San Pedro de Claver, le musée de l’or en sont une infime partie. Après déjeuner, nous partons visiter le « Castillo de San Felipe de Barajas ». Les espagnols ont édifiés ce fort sur les hauteurs de San Lorenzo afin de garantir la sécurité de leurs impressionnantes réserves d’or pillé. La chaleur est assommante, heureusement le fort possède un réseau de galeries et de cachettes où nous pouvons nous réfugier au frais pour le plus grand bonheur des filles qui nous guident dans ses labyrinthes !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, il est temps maintenant de dire au revoir à nos compagnons de route… Nous quittons Cartagena et bivouaquons sur une plage déserte avant d’arriver à Santa Marta. Sur la route, nous nous arrêtons au volcan « El Totumo ». Ce volcan n’a rien d’impressionnant vu la taille de son cône mais il est souvent visité car l’on peut se payer un bon petit bain de boue dans son cratère ! Les filles sont partantes alors nous enfilons nos maillots de bain et descendons par l’échelle à l’intérieur du volcan. C’est une sensation très bizarre, au début on pense qu’on va couler et puis finalement on reste collés dans la boue. Il est même difficile de rester droit, on a toujours les fesses qui remontent ! Une bonne tranche de rigolade, Cédric en profite même pour se faire faire un massage. Il faut maintenant se débarrasser de toute cette boue alors direction la rivière. Là, deux « mamas » colombiennes nous attendent pour nous laver. La douche est plutôt tonique, elles nous aspergent avec de gros seaux d’eau et nous frottent énergiquement. Nous voilà propres comme des sous neufs, c’était une expérience pour le moins étonnante !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous arrivons en fin de journée, la ville ne propose pas de point de bivouac, nous allons donc nous réfugier à quelques kilomètres de là, dans un petit village côtier nommé Taganga. Il fait nuit, nous tournons en rond dans le centre quand un homme nous interpelle depuis sa boutique. Il possède une « guest house » et peut nous accueillir dans sa cour arrière avec notre camping car. Quelle bonne nouvelle !!! Nous nous installons dare dare et prenons une bonne nuit de repos. Le lendemain nous prenons un taxi pour nous rendre à Santa Marta et découvrir son centre historique. La ville ne nous plaît guère, nous nous arrêtons à la place Bolivar, allons voir la Cathédrale et faute de mieux, nous reprenons un taxi en sens inverse. Du coup nous allons nous balader sur la plage de Taganga où l’on retrouve une ambiance très caribéenne. Nous quittons le camping le jour suivant et avant de reprendre la route, passons une dernière journée avec Olivier et Hilda. Nous faisons la connaissance de leur fille Marine qui est sur le point d’ouvrir un restaurant à Santa Marta avec son compagnon. Nous passons une journée détente, les filles profitent de la piscine de la résidence pour se rafraîchir. Le soir nous partons tous manger à « El Vomito », un nom assez explicite n’est-ce pas ?! C’est là qu’ils font les plus gros hot dog de la ville, je vous laisse imaginer le carnage… Nous restons soft avec les filles et Cédric se lâche et prend le plus gros hot dog avec tout ce que l’on peut imaginer à l’intérieur. Il s’en sort bien mais la digestion s’avéra assez compliquée pour certains !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les deux journées suivantes ne sont pas passionnantes puisque nous avons pas mal de route à parcourir pour arriver au Canyon de Chicamocha. Nous prenons une des deux routes principales qui descend au sud de la Colombie et avalons les kilomètres en ne nous arrêtant qu’une fois pour dormir. La route longe la frontière vénézuélienne et nous préférons ne pas nous attarder dans cette zone. Nous passons par des paysages assez différents, d’abord la végétation sèche du nord, puis nous rencontrons une végétation beaucoup luxuriante au fur et à mesure que nous descendons. Nous arrivons finalement sur une route tortueuse au beau milieu d’un magnifique canyon creusé par le rio de Chicamocha. Un paysage à couper le souffle, des montagnes immenses à perte de vue nous entourent. Nous passons la journée du lendemain au parc national de Chicamocha. Nous montons au sommet du parc et jouissons d’une vue encore plus grandiose sur le canyon. Au centre du parc, un monument commémore l’esprit révolutionnaire des habitants du Santander. C’est effectivement dans cette région que la célèbre bataille de Boyaca en 1819 donna l’indépendance au pays. Nous regardons également amusé le fameux téléphérique qui part du parc pour descendre au fond du canyon et ensuite remonté sur le versant opposé. Ce téléphérique de 6,3 km de long dont les colombiens sont très fiers vient… de Grenoble !!! Nous finissons par profiter du parc aquatique qui se trouve au sommet d’une montagne. Une sensation un peu étrange que de se baigner au beau milieu d’un paysage pareil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous continuons ensuite notre route vers le petit village de Barichara. Nous arrivons en fin de journée et l’orage menace. Nous nous garons tout en haut du village où une fois encore la vue sur la vallée est grandiose. Nous sortons du camping car pour prendre l’air et profiter de la vue. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous nous retrouvons entourés de colombiens, curieux de comprendre ce que nous faisons si loin de chez nous avec cette « carro casa » (voiture maison). Une visite du camping car par petits groupes s’organise ! Nous discutons un bon moment avec tous ces gens adorables qui nous donnent plein de conseils sur leur pays. Les filles montrent les dessins qu’elles ont fait sur les endroits qu’elles ont visité et des jeunes filles leurs disent qu’elles rêveraient de voir tout ça. Une rencontre fort plaisante avec une population vraiment désireuse de faire connaître les richesses de son pays et d’effacer les traces d’un passé chaotique. Après une nuit plus qu’orageuse, nous nous réveillons au petit matin et prenons plaisir à petit déjeuner en profitant de cette vue merveilleuse. Nous partons ensuite à la découverte de Barichara. Barichara est un petit village colonial hors du temps, avec ses ruelles toutes de pierres vêtues, ses maisons aux façades blanches et aux toits orangés. Un vrai bonheur de se promener dans ce décor traditionnel et cette ambiance bohème. Nous apprécions sa cathédrale imposante couleur or sur la place du village, l’Eglise de Santa Barbara, le joli petit parc des arts avec ses sculptures locales ainsi que la « Capilla de San Antonio » et son cimetière. Une balade paisible loin des hordes de touristes…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous faisons ensuite halte au village plus touristique de Villa de Leyva, classé monument historique. Une autre petite ville prisée pour son rythme de vie serein et son cachet particulier avec ses rues pavées, ses maisons basses et fleuries et sa place centrale surdimensionnée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous quittons maintenant ce havre de paix pour découvrir Zipaquira et ses mines de sel. Ses mines étaient exploitées par le peuple Muisca depuis des siècles avant l’arrivée des espagnols. Dans les années 1920, une des grottes creusées atteint des dimensions telles que l’on y aménage une cathédrale, ce qui constitue maintenant une des attractions phare de Zipaquira. Nous empruntons un tunnel pour aller dans les méandres de la colline de sel accompagnés de notre guide, une forte odeur de souffre chatouille nos narines. Celle-ci parle espagnol avec un fort accent et à un débit qui ne nous permet pas de bien comprendre les significations religieuses de cet édifice mais nous apprécions tout de même la visite. Nous nous arrêtons dans quatorze petites chapelles creusées dans le sel qui représentent les stations du chemin de croix de Jésus. Les filles s’amusent à gratter les parois et à mettre leurs doigts à la bouche pour voir si c’est réellement du sel. Nous continuons notre marche et un autel se matérialise au loin. La cathédrale, haute de 25 mètres peut accueillir plus de 10000 fidèles. Un jeu de lumière rend l’atmosphère encore plus mystique et cet édifice est pour le moins atypique ! A notre sortie, nous visitons le musée du sel qui nous permet de comprendre comment le sel est exploité puis nous finissons la journée par un petit tour de train qui nous fait découvrir la petite ville de Zipaquira.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain une longue route nous attend, nous nous levons donc à 6h00 et partons dès 6h30 en direction de Manizales. Le GPS nous indique un trajet de 5h15 pour 330 kilomètres ce qui devrait donc nous faire arriver vers 12h00. La route est belle mais difficile, nous enchaînons les cols dont un à 3700 mètres d’altitude. Les routes sont très sinueuses, les camions très nombreux et le camping car peine dans les grosses montées. Les paysages sont de toutes beauté, la végétation est très dense nous avons l’impression d’être perdus dans les montagnes. Il est midi et nous sommes loin d’être arrivés, nous faisons une pause déjeuner rapide près de Honda et repartons dare-dare. Il est 16h30, nous approchons de Manizales mais une importante portion de route est en travaux ce qui nous ralentit encore. Pour couronner le tout un violent orage s’abat sur nous, une pluie torrentielle inonde la route. Nous approchons enfin du point GPS de notre bivouac mais nous nous rendons vite compte que la route que nous devons emprunter n’est pas accessible avec notre véhicule, la poisse, il va falloir maintenant improviser… Je me souviens que Monique et André, les voyageurs belges, nous avaient conseillé une Hacienda de café à Chinchina qui se trouve à une quinzaine de kilomètres, on est plus à cela près, nous tentons notre chance. Heureusement la pluie s’est calmée, nous arrivons à Chinchina et après avoir demandé à des passants puis à des policiers où se trouvait l’Hacienda Guayabal nous y arrivons enfin… Il est 17h30 et nous sommes sur les rotules (surtout Cédric), et oui nous avons mis 11h00 pour faire 330 kilomètres !!!

Ce que nous ne savons pas encore, c’est que nous sommes arrivés dans un petit coin de paradis… Nous sommes accueillis par la propriétaire de l’Hacienda qui nous souhaite la bienvenue et nous autorise à nous parquer ici pour la nuit. Son fils la rejoint quelques minutes après et nous leur expliquons que nous avons eu une journée bien difficile. Ils n’en reviennent pas que nous ayons fait tant de kilomètres en une journée. Ils emmènent tout de suite les filles dans une jolie petite cabane dédiée aux enfants pour qu’elles puissent enfin se défouler. Quant à nous ils nous proposent gracieusement une boisson ou un café. Le fils reste avec nous à discuter, il nous montre même les nombreux oiseaux qui nous entourent entre autres des colibris, de jolis toucans verts et des pic-verts. Il nous demande si nous dînerons au restaurant ce soir et nous acceptons avec grand plaisir. Le cadre est magnifique, l’Hacienda est cachée au milieu des fleurs et se trouve en haut d’une colline et tout autour les caféiers, les bananiers et les bambous qui délimitent l’exploitation. Ici c’est le calme absolu, seuls les oiseaux troublent le silence par de petits piaillements. Après avoir siroté une bière au bord de la piscine, il est enfin l’heure de nous restaurer, nous mourrons de faim. On nous installe sur une jolie table avec à son centre un petit plant de café avec un drapeau colombien et un drapeau français, quelle délicate attention ! Les plats arrivent, nous avons chacun une grande assiette avec de la viande grillée au barbecue (porc, bœuf et saucisse de chorizo), une pomme de terre au four, une salade verte avec des tomates et de l’avocat et de l’arepa (espèce de petit pain de maïs au fromage) et au dessert des fruits avec de la crème et de la meringue. Nous nous régalons et sortons de table repus et surtout réconciliés avec la vie. Nous remercions chaleureusement nos hôtes et fixons la visite de l’Hacienda le lendemain à 9h30. C’est avec Jonathan que nous partons à la découverte du café, tous munis de notre petit panier pour ramasser les fruits. Nous nous promenons dans les champs et atteignons les premiers plants de café. Il faut deux années avant qu’un plant donne sa première récolte. Nous nous amusons à récolter quelques grains, les filles prennent la tâche très au sérieux, il faut ramasser les fruits rouges ou jaunes mais surtout pas les verts qui ne sont pas encore mûrs. L’Hacienda fait  environ 60 hectares, elle est située dans une vallée qui regroupe des conditions climatiques idéales pour les caféiers : une température moyenne de 21° à une altitude de 1400m et de l’ombre en quantité suffisante grâce aux arbres des alentours. Les récolteurs peuvent ramasser jusqu’à 50 kg de fruits par jour, ils ont la possibilité de dormir au sein de la plantation dans un dortoir prévu à cet effet. La Colombie est le seul pays où les fruits sont cueillis à la main, dans les autres pays comme le Brésil, la récolte se fait à l’aide de machines. Les fruits sont donc récoltés puis passés dans une machine qui sépare les grains de l’enveloppe du fruit sachant que cette dernière est gardée et transformée en compost 100% naturel pour l’exploitation. On met ensuite les fameux grains à laver et à décanter dans un bassin d’eau. Les grains de première qualité, destinés à l’exportation se retrouvent au fond du bassin pendant que les grains de deuxième ou troisième qualité (ceux mangés par les petites bêtes ou trop brûlés par le soleil) flottent et donneront un café beaucoup moins qualitatif. Les grains sont après cela séchés dans un four, mis en sacs et expédiés. L’étape de la torréfaction n’est pas réalisée à l’Hacienda. A savoir qu’en Colombie les grains de café ne sont pas torréfiés (avec un ajout de sucre pour la caramélisation) mais « toastés », cela veut dire qu’il est simplement grillés sans aucun ajout, ce qui donne un café encore plus naturel. Après cette visite très intéressante nous regagnons la maison pour une dégustation. On nous rappelle que la Colombie est le troisième exportateur mondial derrière le Brésil et le Vietnam et que le café colombien est bien sûr le meilleur ! L’on nous prépare différents cafés (temps d’infusion et température de l’eau différents) et nous goûtons au fameux breuvage. Les filles font la grimace, moi je le trouve un peu trop serré à mon goût et Cédric lui se régale. Nous recevons finalement avec fierté un certificat qui atteste de nos nouvelles connaissances en matière de café. Après ces heures de visite, nous profitons de l’après-midi pour nous relaxer au bord de la piscine… Demain est un grand jour, c’est l’anniversaire de Léonie, nous sommes tellement bien ici que nous demandons à nos hôtes si nous pouvons rester un jour de plus, ils nous répondent : « notre maison est votre maison, vous pouvez même rester un mois si vous voulez ». On se laisserait bien tenter mais on a encore quelques kilomètres à parcourir…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une bonne nuit de sommeil, nous nous réveillons plein d’entrain en chantant « Cumpleaños feliz » à notre grande Léonie qui fête 6 ans ! Nous pointons le nez dehors et découvrons que la cabane des enfants a été décorée avec des ballons et une banderole d’anniversaire. Quelques minutes après le serveur du restaurant vient taper à la porte du camping car avec un beau gâteau d’anniversaire et des bougies !!! Léonie est aux anges ! Nous montons à la maison partager le gâteau et souffler les bougies avec la propriétaire, un bon moment que Léonie n’oubliera sûrement pas. Nous passons une journée tranquille et finissons de fêter l’événement le soir en famille. Le lendemain, il est temps de reprendre la route, nous remercions tout le monde pour leur accueil si chaleureux, nous avons passé trois jours exceptionnels au sein de cette Hacienda familiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous dirigeons vers le petit village touristique de Salento. En montant cette petite route montagneuse, nous croisons quatre jeunes gens qui nous font de grands signes au bord de la route. Ce sont en fait des baroudeurs qui cherchent un moyen de transport pour aller jusqu’à la Vallée de Cocora. Nous leur proposons de les déposer à Salento qui est sur la route et embarquons donc tout le monde (même le chien) à bord du camping car. Les filles sont entourées et font un brin de causette et tout se finit en musique. L’un des jeunes hommes prend son ukulélé et accompagne les autres qui chantent « joyeux anniversaire » à Léonie et bien d’autres chansons ! Un petit moment sympathique comme on les aime ! Nous nous garons sur la place principale du village et déchargeons tous nos passagers. Nous déjeunons et partons à la découverte du village qui hormis le fait qu’il soit touristique, est il est vrai assez sympathique. Ses maisons traditionnelles sont construites selon la technique du Bahareque. L’armature des maisons est faite de gros bambous sur laquelle on fixe de fines lattes de bambous coupées en deux puis la structure est garnie de boue et éventuellement d’un enduit extérieur. Ces maisons sont magnifiquement colorées et les balcons joliment fleuris, c’est un vrai plaisir pour les yeux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les conseils de nos amis baroudeurs, nous passons ensuite la nuit dans la vallée de Cocora. Une vallée très verdoyante, où les vaches paissent tranquillement au bord du Rio Quindio. La particularité de cette vallée est qu’on y voit beaucoup de palmiers à cire. Cette espèce de palmiers, qui est l’arbre national de la Colombie, est la plus haute connue. Avant l’arrivée de l’électricité, les habitants de la vallée s’en servaient pour s’éclairer en y extrayant la cire. Nous passons une nuit agréable et profitons de la fraîcheur et la tranquillité de cette contrée paisible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous roulons et retrouvons peu à peu la civilisation pour atterrir au sud de la ville de Montenegro. C’est une surprise pour l’anniversaire de Léonie, nous allons passer une journée au « Parque Nacional Del Café ». Ce parc propose à la fois des attractions et aussi toute une thématique autour du café avec un musée et un sentier de découverte. Les filles sont bien sûr toutes excitées, nous commençons par prendre un téléphérique (des plus archaïque) qui nous descend dans la vallée. Ensuite, nous profitons sans limite des attractions : auto-tamponneuses, pieuvre tournante, bateau pirate, le rapide en bouée etc… Même Cédric et moi faisons un grand huit de la mort sous l’œil amusé de Nell et Léonie qui immortalisent la scène avec une photo. Nous en profitons bien et finissons par remonter à pied le sentier du café et par visiter le musée. Une journée bien remplie pour le plus grand bonheur des filles !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore de nombreux kilomètres nous attendent jusqu’à Cali, la capitale de la Salsa. Heureusement la route est bonne, pour une fois, cela excuse un peu le nombre incroyable de péages routiers que l’on croise sur la route. Nous arrivons au centre ville où la circulation se fait plus dense, il faut être agile pour éviter à la fois les taxis, les vélos et les bus qui s’arrêtent à tout moment ! Sans compter les motos qui sortent de toutes parts et qui transportent parfois la famille entière et les courses de la journée ! Nous peinons à trouver un bivouac aux abords de la ville, le point GPS que nous avons n’étant plus d’actualité. Après avoir tourné pas mal de temps nous décidons de nous garer pour la journée et de chercher un bivouac en dehors de la ville le soir. Nous allons visiter le centre auquel nous ne trouvons vraiment aucun charme. Nous déjeunons et rejoignons rapidement le camping car pour nous échapper de cette ville sans intérêt pour nous. Tant pis pour la Salsa, ce sera pour une autre fois !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous quittons une ville pour en retrouver une autre mais à taille plus humaine cette fois-ci. Nous empruntons une route longue et chaotique pour nous installer à Popayan, la ville blanche. Nous nous garons dans une rue relativement tranquille juste en face des « bomberos » (pompiers). La nuit est assez calme si on fait abstraction des appels au haut-parleur qui annoncent les interventions des pompiers. Depuis là, nous pouvons atteindre le centre ville à pied sans problème, nous en profitons donc pour aller jusqu’à la place centrale très animée. Cette petite ville coloniale est donc connue pour ses façades de maisons peintes à la chaux. Elle possède un beau patrimoine colonial malgré le terrible tremblement de terre dont elle fut victime en 1983. Nous avons pu y voir entre autre l’église de « San Francisco », sa Cathédrale, au loin l’église de « La Ermita ». Nous avons même pu profiter d’une visite guidée de la maison coloniale du poète Guillermo Valencia, une importante figure locale. Après avoir dégusté un café colombien, nous regagnons nos pénates. Un petit combi volkswagen de voyageurs est garé non loin du camping car. La curiosité nous pousse à aller frapper à la porte et c’est là que nous faisons connaissance de Veronika et Fernando, un jeune couple argentin en voyage jusqu’au Mexique pour une durée indéterminée. Ils sont accompagnés de leur mascotte, Pachy, un petit caniche blanc. Nous commençons à discuter sur le trottoir et dans notre élan, ne nous apercevons même pas que la nuit est tombée. Nous les invitons à prendre un verre dans le camping car et échangeons sur nos expériences respectives. Les filles leurs font des bracelets (même Pachy a le sien) tandis que Fernando leur fait un collier papillon en macramé et que Veronika leur offre un nœud pour les cheveux de sa propre création. C’est en vendant un peu d’artisanat sur la route (collier, nœuds, carnet, cartes postales…) qu’ils financent une partie de leur voyage. Une rencontre très enrichissante qui nous permet en plus de parfaire notre espagnol (pas facile avec un accent argentin)!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre prochaine destination est le site archéologique de San Agustin. Nous faisons nos adieux à nos amis argentins, faisons quelques échanges de pièces de monnaie avec un policier collectionneur qui toque à notre porte et c’est reparti pour un tour. Apparemment, une bonne partie de la route n’est pas asphaltée mais celle-ci est empruntée par toutes les voitures et camions du coin alors ça devrait être bon… La route est plutôt agréable jusqu’à ce que nous arrivions à la piste. Le GPS annonce 60 km restants et nous ne pouvons faire que du 20km/h sur cette piste caillouteuse. Nous ne nous sentons pas le courage de faire 3 heures sur une telle route et rebroussons chemin, nous tenterons la route par le sud qui à l’air plus satisfaisante. Donc, changement de programme, nous passons le reste de la journée à rouler pour nous avancer un peu pour le lendemain. Nous passons la nuit dans un camping un peu cher mais avec piscine ce qui nous permet de nous relaxer. Le coin est envahi par les policiers et l’armée (à cause de conflits avec les indigènes apparemment…), il est donc préférable de dormir dans un endroit sécurisé. Les policiers nous arrêtent de temps en temps, généralement ils nous serrent la main, discutent 5 minutes et nous laissent partir. Quant à l’armée, ils nous laissent tranquille, ils nous font juste un signe pouce en l’air pour nous signifier que la voie est libre.

Nous arrivons le lendemain à la « Laguna de la Cocha ». Nous roulons à travers de jolies collines verdoyantes pour redescendre au bord de ce grand lac. Celui-ci se trouve à 2830m d’altitude, nous remettons donc assez vite nos pantalons et nos chaussettes ! L’architecture des maisons est plutôt étonnante dans cette vallée, ce sont de petits chalets qui nous rappellent ceux de nos amis suisses. Nous passons d’ailleurs la nuit sur le parking d’un hôtel-restaurant fondé par un suisse, à l’ambiance bien montagnarde : des banquettes, des nappes en tissus à carreaux, des calendriers suisses, un feu de cheminée… Ils proposent même une fondue au fromage à la carte. Nous résistons en nous disant que l’on sera forcément déçu. Celle que l’on mangera en rentrant n’en sera que meilleure ! Le temps n’est pas de la partie et les températures sont plutôt fraîches. Nous profitons du feu de cheminée, du wifi et s’offrons un bon chocolat chaud pour nous réchauffer. Nous partons tout de même faire une petite balade au bord de la lagune. Le lendemain en partant, nous nous arrêtons au petit village typique de la Cocha. Ca vaut effectivement le coup d’œil, ce village est tout mignon avec ses petits chalets de bois fleuris et ses nombreux ponts qui permettent de traverser les canaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous dirigeons ensuite vers Ipiales qui se situe à quelques kilomètres de la frontière équatorienne. Notre dernière visite sera le Sanctuaire de Las Lajas. Cette église néo-gothique est assez spectaculaire puisque situé sur un pont de pierres dans une gorge profonde du village. L’image de la Vierge Marie serait apparue au 18ème siècle sur l’énorme paroi rocheuse sur laquelle fût construite ensuite le sanctuaire. C’est désormais un lieu de pèlerinage très fréquenté puisque célèbre pour ses miracles.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous passons notre dernière nuit colombienne seuls sur le parking du sanctuaire et reprenons la route dès le lendemain matin pour découvrir un nouveau pays, l’Equateur.

Que dire de la Colombie ? Nous n’avons pas croisé de farcs ni de narco-trafiquants mais bel et bien une population extrêmement chaleureuse et désireuse de partager ses richesses. Et Dieu sait qu’elles sont nombreuses. Son patrimoine colonial, les vestiges laissés par les civilisations précolombiennes, sa culture du café nous prouvent que ce pays a de quoi redoré son blason !

3 commentaires

  1. maman
    | Répondre

    vraiment super encore un petit bout de chemin avec vous j ai mis quelques jours pour tout lire mais c est vraiment ser chouette pleis de gros bisous a vous 4 gros calins a mes pepettes

  2. marjo
    | Répondre

    finalement vous arrivez à communiquer en espagnol maintenant ou pas ? En tout cas bravo !!!!! Tes filles vont avoir bcp de choses à raconter et de merveilleux souvenirs …… vous avez ete courageux pour la colombie…. mais c est bien d’avoir changé d avis ! au fait joyeux anniv avec allez 6 jours de retard !!!!

    • Cédric Socquet
      |

      Coucou Marjorie,
      Merci pour mon anni !!! Nous arrivons maintenant à baragouiner quelques mots d’espagnol. Ca va pour le quotidien mais c’est plus compliqué pour tenir une conversation… Bientôt des nouvelles sur le Pérou. Biz

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