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Le Pérou et sa Vallée Sacrée

Classé dans: Pérou | 2

Du 4 au 17 mai 2015

 

Après quelques jours de repos et de grand nettoyage, le jour J est enfin arrivé ! Les filles sont excitées comme des puces, aujourd’hui nous allons chercher pépé et mémé à l’aéroport… Nous rencontrons Alexandre, Agnès, Louane et Eline, des voyageurs français, au camping ce qui fait que nous sommes à la bourre pour partir à l’aéroport et la circulation n’arrange rien ! Quand nous arrivons ils nous attendent avec leurs valises dehors, quel bonheur de les retrouver, ça fait vraiment du bien du voir des visages familiers… Nous repartons au centre de Cusco et nous offrons un apéro de retrouvaille dans le camping car, ricard pour les garçons (Cédric est aux anges) et vin péruvien pour les filles. Nous allons ensuite déjeuner en ville et nous installons à l’hôtel pour prendre un peu de repos (dur dur le décalage horaire).

 

 

 

 

 

 

 

Nous passons la journée du lendemain à visiter Cusco, nous avons de la chance, il y a une fête ce jour là qui regroupe tous les villages des alentours. Il y a une grande parade, chaque village défile et arbore très fièrement l’habit traditionnel, que de couleurs, un vrai plaisir pour les yeux. Nous visitons également la Compania de Jesus qui borde la place principale, nous apprécions son intérieur et prenons de la hauteur pour admirer les festivités qui se déroule sans interruption. La vue sur le centre de Cusco est magnifique. Du haut de ses 3400m d’altitude, elle tenait un rôle très important au sein de l’empire inca, d’ailleurs son nom signifie « nombril » en quechua ! Nous découvrons au creux de cette vallée une ville coloniale extraordinaire bâtie par les espagnols sur les vestiges de bâtiments incas. D’ailleurs, rue Hatun Rumiyoc, se dressent encore de gigantesques pans de mûrs aux pierres colossales parfaitement taillées et imbriquées les unes aux autres sans mortier. Cela nous montre l’excellent savoir-faire des maçons incas. Nous flânons tranquillement dans les ruelles pavées de la ville et découvrons les merveilleux bâtiments qu’elle recèle : la cathédrale, le Monastère de Santo Domingo, l’église de la Merced et bien d’autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous finissons la journée en visitant le musée du chocolat, nous avions découvert une plantation en équateur mais ne connaissions pas son processus de fabrication. Les filles sont enchantées par la visite et encore plus par la dégustation…

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, nous nous arrêtons sur le site archéologique de Sacsayhuaman sur les hauteurs de Cusco avant de prendre la route. Sa forteresse inca posée sur un promontoire naturel dominant la ville est cernée par trois enceintes disposées au dessus d’une grande esplanade. La présence d’un centre cérémoniel au sommet laisse d’ailleurs penser que le site était plutôt un sanctuaire qu’une forteresse. Nous apprécions une nouvelle fois la précision de l’architecture inca et aussi le superbe panorama sur la ville de Cusco.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et maintenant direction la vallée sacrée et plus particulièrement Pisac ! La route dans cette vallée verdoyante baignée par le soleil est très agréable, cela fait du bien de quitter la ville pour retrouver une ambiance plus bucolique ! Nous arrivons en fin de journée et nous reposons pour pouvoir profiter de notre journée du lendemain.

Au petit matin, nous filons directement au marché qui fait en partie la réputation de Pisac. Nous en profitons pour faire le plein de fruits et légumes et parcourons les nombreux étals en quête de souvenirs : chapeaux, tissus, tapis en laine d’alpaga, bonnets, bibelots, tapisseries, le choix est vaste !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous allons ensuite visiter le site archéologique qui se situe à flanc de montagne à 3250m d’altitude. A l’entrée du site, le panorama qui s’ouvre sur la vallée est saisissant, celle-ci est couverte d’un patchwork de terrasses faisant corps avec la montagne. Nous nous promenons tranquillement dans le site pour découvrir tour à tour des bains liturgiques, les ruines d’un quartier entier et le temple du soleil. On peut même apercevoir sur la colline d’en face de nombreuses cavités où l’on enterrait les morts. Ce site nous a beaucoup plu, et l’on comprend mieux pourquoi c’est l’un des plus emblématiques de la région.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est maintenant temps d’entamer notre longue route jusqu’au Machu Picchu. Le train étant excessivement cher et notre goût de l’aventure prenant le dessus, nous décidons de prendre les chemins de traverse pour nous y rendre. Nous roulons et faisons une première étape à Ollantaytambo que nous n’avons pas le temps de visiter puisque nous n’arrivons qu’en fin de journée. Puis nous attaquons notre journée marathon ! Départ tôt le matin avec comme objectif d’arriver à Agua Calientes, le village qui se situe au pied du site, le soir. Nous empruntons d’abord une route asphaltée à travers les montagnes jusqu’à Santa Maria. Les paysages sont à couper le souffle, on aperçoit les sommets enneigés au loin, la route est longue mais nous en apprécions chaque minute. Le camping car souffre autant de l’altitude que nous et grimpe difficilement, nous décidons de nous arrêter au col le plus haut soit à 4300m d’altitude pour le laisser reprendre du poil de la bête ! Nous descendons pour photographier le paysage et goûter à l’air frais. Nous marchons un peu jusqu’à une toute petite église où quelques villageois se sont regroupés pour fêter je ne sais quoi. Nous nous approchons timidement et un des villageois nous sert tout de suite un verre d’alcool local tout droit sorti de son petit seau ! Nous ne pouvons refuser et je dois dire que ce n’est pas mauvais ! Un autre enchaîne et nous fait goûter la chicha, une boisson rose à base de maïs fermenté qui est beaucoup mon bonne, nous buvons avec un sourire crispé, à se rythme là on est pas prêt d’arriver au Machu Picchu !!! Ensuite les villageois (qui ont un peu abusé de l’alcool local je crois) se mettent à jouer de la musique et s’en suit une danse endiablée. Cédric et Dominique ont trouvé chacun un cavalier, une danse à 4300m d’altitude ça ne se refuse pas !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous reprenons tant bien que mal la route après ce petit intermède surprenant mais sympathique et arrivons à Santa Maria.Fini la rigolade, nous nous mettons en mode 4×4 pour attaquer la piste. Celle-ci n’est pas trop mauvaise, nous progressons lentement et profitons une nouvelle fois de très jolis paysages. Au bout de quelques kilomètres, ça se corse un peu… Nous sommes à flanc de falaise, la piste n’est pas large et sur le côté un énorme précipice. Marcel qui est plutôt sujet au vertige est dans ses petits souliers. Nous croisons les doigts pour ne croiser personne, une marche arrière serait plutôt mal venue ! Après l’épreuve des falaises, voici celle des rivières… Nous en traversons une première bien profonde, on observe et on se lance, ça passe juste. La deuxième est encore plus profonde mais on peut l’éviter en prenant un petit pont de bois interdit aux véhicules de plus de 3 tonnes. En gros, nous avons le choix entre rester coincés dans une rivière trop profonde ou passer sur un pont pas assez solide pour nous… Nous optons pour le pont ! Je dois dire que nous sommes assez lâches puisque nous descendons tous du véhicule et laissons le pauvre Cédric passer tout seul le pont qui craque sous ses roues ! Il s’en sort comme un chef !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons passé avec succès l’épreuve de la piste et arrivons à Santa Teresa où nous allons garer notre camping car pour 2 nuits au camping du coin. Etape suivante : 30 minutes de taxi (toujours sur une piste mais bien plus défoncée) pour rejoindre Hydro Electrica. Nous nous accrochons tant bien que mal pendant que les filles valdingues dans le coffre… Nous arrivons enfin, le taxi nous dépose avant le pont en construction où la route s’arrête. Nous avons maintenant une dizaine de minutes de marche pour atteindre la station de train. Enfin si on peut appeler ça une station ! Nous achetons vite nos billets au guichet et sautons dans le train qui nous emmène enfin à Agua Calientes. Ouf, nous sommes au bout de notre journée, nous nous relaxons à bord du train pendant nos 45 minutes de trajet d’autant plus que nous sommes seuls dans le wagon. Nous arrivons à destination sur les coups de 16 heures, la journée n’est pas finie, il nous reste à aller acheter les billets pour le Machu Picchu, réserver le bus qui nous emmène au site et à trouver une chambre d’hôtel… Pas de problème, nous trouvons même le temps de nous payer un petit goûter à la « Boulangerie de Paris » ! Autant vous dire qu’après cette journée bien remplie, nous allons au lit sans rechigner surtout qu’un grand jour nous attend demain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après un bon petit déjeuner à la Boulangerie française, nous voilà dans le bus qui nous mène au Machu Picchu. Nous arrivons à l’entrée et nous mettons tout de suite à la recherche d’un guide français. Nous tombons sur une charmante jeune femme qui nous propose ses services. C’est parti pour 2 heures de découverte. Le Machu Picchu, nous en rêvons depuis que nous parlons de notre voyage, nous sommes excités mais à force d’en parler nous avons également peur d’être déçu. Nous marchons quelques mètres quand s’étend devant nous une des plus grandes cités perdues d’Amérique. Le site est bel et bien spectaculaire, la brume qui entoure les montagnes le rend encore plus mystique. C’est tout simplement magique… L’empereur inca Pachacutec serait à l’origine de la construction de la cité qui pourrait être en quelque sorte une résidence secondaire. Environ 1800 personnes vivaient au Machu Picchu et le village était fort bien organisé. On y retrouve entre autre un centre astronomique avec un calendrier solaire, un centre de recherche, un hôpital, un aqueduc et tout un système de terrasses pour les cultures et de canalisations pour contrôler les fortes pluies qui tombent sur cette région. Nous visitons d’abord la maison de l’inca qui se trouve proche de l’imposant Temple du Soleil puis nous grimpons sur l’esplanade pour y découvrir la place Sacrée et ses deux Temples. Nous redescendons sur la place principale, du côté du village et nous promenons dans un dédale de ruines. Nous finissons par prendre de la hauteur pour avoir une vue globale sur la cité et c’est là que nous l’apprécions à sa juste valeur. On ne peut s’empêcher de se demander comment ils ont fait pour édifier une telle cité dans un lieu si inaccessible et en si peu de temps, c’est tout simplement incroyable ! Tout ça en plus pour abandonner la cité seulement quelques décennies après sa construction… En effet, Manco Inca aurait décidé de quitter les lieux pour se réfugier en Amazonie par crainte de voir tomber la ville aux mains des envahisseurs espagnols. Nous ne nous lassons pas de la vue et nous peinons à quitter les lieux. Nous sommes loin d’être déçus et garderons un merveilleux souvenir de cette journée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous passons une deuxième nuit à Agua Calientes pour nous remettre de nos émotions et refaisons tout le trajet inverse. Nous nous arrêtons cette fois plus longuement à Ollantaytambo. Nous découvrons que c’est la seule agglomération du Pérou à avoir conservé intact son plan inca. C’est d’ailleurs sûrement pour cela que nous avons tant de mal à circuler dans ces petites ruelles pavées. On y retrouve également les rigoles originelles d’évacuation des eaux. Nous en profitons pour faire quelques emplettes et pour jeter un coup d’œil rapide à sa forteresse inca qui est il est vrai impressionnante avec son escalier grandiose qui mène vers les terrasses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous reprenons la route de bon matin en direction des Salines de Maras. Nous nous arrêtons pour profiter une nouvelle fois des paysages. Des montagnes à perte de vue qui prennent des teintes différentes, les champs de quinoa et les bergers qui mènent leurs troupeaux. Un petit garçon de l’âge de Nell qui garde ses moutons nous fait signe, nous stoppons pour lui dire bonjour et lui donner quelques bonbons, il est ravi et repart avec ses bêtes à travers champs ! Au détour d’un virage, voilà des salines en pleine Cordillère des Andes. Le spectacle est étonnant, 4000 bassins de sel cristallisé d’une blancheur étincelante ont été taillés sur le flanc d’un vallon encaissé où s’écoule un rio salé. Certains datent même d’avant l’époque inca. Après 30 jours d’évaporation, un bassin donne jusqu’à 300kg de sel. Les familles y travaillent d’arrache pied sous une chaleur cuisante pour gagner leur vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Changement de paysage, nous allons maintenant à Moray autre site archéologique inca où l’on peut admirer un ingénieux système de terrasses en amphithéâtre. Il s’agissait en fait d’un centre de recherche agronomique, malins ces incas !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous finissons la journée par la visite du petit village de Chinchero. Rien de bien transcendant hormis le fait que nous visitons un atelier de tissage, spécialité du coin. Une charmante dame nous accueille pour nous présenter son travail. Elle nous explique d’abord avec quels éléments naturels elle teinte la laine d’Alpaga. Le rouge par exemple est obtenu en écrasant une petite cochenille parasite que l’on trouve dans les cactus. Mélangé à du citron, l’on obtient du orange et cela fait également un très beau rouge à lèvre ! Elle nous fait ensuite une démonstration et nous explique que chaque motif qu’elle tisse à une signification. Un vrai travail de précision et un vrai jeu de patience. Ici l’apprentissage se fait depuis tout petit…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est maintenant temps de reprendre la route à travers l’Altiplano Péruvien, la route est à nouveau longue mais passe plus vite avec les paysages qui nous entourent. Nous passons par l’incroyable ville de Juliaca. On nous avait prévenu que la route n’était pas bonne mais pas que c’était un champ de mines ! C’est juste impossible, on a l’impression que c’est la guerre et que la ville a été bombardée, pas facile de se frayer un chemin dans ce bazar… Nous arrivons tout de même à Puno, grosse ville sans charme au bord du lac Titicaca. Ce fameux lac de 8400 km2 (15 fois le lac Léman) est situé à 3810m d’altitude (température moyenne 9°). Histoires légendaires et ancestrales hantent les rives du lac, la mythologie inca y situe d’ailleurs l’origine de la civilisation, c’est dire si le lieu est important. Nous décidons de réserver un tour sur les îles flottantes du lac même si nous savons que les traditions ont malheureusement laissé place à un attrape touristes. Les Iles Uros comptent environs 2500 habitants pour un peu plus de 80 îles, celles-ci sont constituées d’une couche compacte de roseaux de 3m. Les insulaires vivent modestement grâce à la pêche, à la production de canards, d’œufs et surtout grâce au tourisme. Leurs habitations en roseaux sont très sommaires, ils boivent l’eau du lac filtrée et s’éclaire à la bougie ou à l’aide de panneaux solaires. Nous prenons donc le bateau et atteignons les îles, quelle sensation étrange de poser le pied sur cet énorme radeau spongieux. L’habitant de cette île nous explique son mode de vie puis nous dirige vers les boutiques de souvenirs. Nous prenons ensuite une embarcation de roseaux qui nous emmène sur l’île centrale du village. Nous y trouvons une fois de plus des boutiques et l’on nous propose de manger une bonne truite du lac à 3 heures de l’après-midi. Il est maintenant temps de regagner la terre ferme. La visite est effectivement surfaite mais il était tout de même intéressant de jeter un œil à ces îles au mode de construction atypique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous continuons notre route en direction d’Arequipa, grande cité dynamique et historique. En arrivant les abords de la ville ne nous donnent pas vraiment envie de continuer jusqu’au centre ville, c’est sale, désordonné et poussiéreux. Nous apercevons de gros cailloux au bord de la route, c’est mauvais signe… Pendant que Cédric fait recharger notre bouteille de gaz, je pose la question à un passant, que se passe-t-il par ici ? C’est bien ce que l’on craignait, il y a une manifestation pendant 3 jours et les routes sont bloquées. Il nous dit également que c’est généralement uniquement le matin, l’après-midi les routes sont ré-ouvertes. Nous changeons donc notre programme, au lieu de passer deux nuits à Arequipa, nous partirons le lendemain en fin d’après-midi pour pouvoir sortir de la ville. Nous allons donc dîner dans le centre historique de la ville sans arrière pensée… La Place des Armes est charmante, la nuit tous les monuments historiques sont éclairés, nous admirons l’imposante Cathédrale et visitons l’église jésuite La Compania avec sa splendide façade baroque. Par contre, les rues sont animées, la manifestation continue sans relâche. Nous allons dîner dans un petit restaurant quand nous entendons tout d’un coup un vacarme du diable. Le gérant baisse son rideau de fer, nous voilà enfermés dans le restaurant ! Les manifestants sont apparemment un peu excités. Nous ne traînons pas et sautons dans un taxi pour rejoindre l’hôtel. Le lendemain, nous redécouvrons le centre historique, tout aussi joli de jour. Nous commençons par visiter le fameux Monastère de Santa Catalina. Cet immense couvent dominicain est un joyau, c’est une véritable ville dans la ville. Une jeune veuve le fonda en 1579 et durant 4 siècles 170 nonnes et leurs servantes y vécurent à l’abri des regards. Malgré une apparence extérieure fortifiée, c’est un lieu plutôt agréable à vivre avec ses grandes cellules privatives, ses ruelles, ses jardins, ses placettes et ses magnifiques cloîtres. Une visite fort plaisante dans un lieu coloré magnifiquement conservé. Nous déjeunons en terrasse avec une vue plongeante sur la place d’Armes et surveillons les agissements des manifestants qui ont l’air plus pacifistes aujourd’hui… On ne peut pas leur en vouloir, les paysans manifestent car les compagnies minières veulent leur piquer leurs terres pour les exploiter mais les pauvres paysans sans leurs terres n’auront plus aucune ressource, ils se battent donc pour les préserver.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est maintenant temps de quitter la ville, nous retournons à l’hôtel chercher le camping car, mauvaise nouvelle le propriétaire regarde les informations et nous dit que la route est toujours bloquée. D’après lui, nous avons une toute petite chance de passer entre 14h et 15h l’heure où les manifestants prennent leurs repas. Nous décidons de tenter notre chance… Nous avançons jusqu’à la formation d’un bouchon, c’est l’anarchie totale, tout le monde double tout le monde ou passe par les bas côtés. Il n’est en fait possible que de passer sur une voie, il faut donc être patient. Notre tour arrive et nous avançons enfin, aucun manifestant nulle part mais des pierres partout, il faut slalomer et être très vigilant. Ouf nous nous en sortons et roulons enfin quand un deuxième bouchon se forme. Tout est paralysé et les manifestants refusent d’ouvrir le barrage avant la nuit. Nous n’avons pas d’autre choix que d’attendre entre les camions. Après de longues minutes, nous sortons prendre l’air quand un jeune homme nous interpelle. Il nous dit que nous pouvons contourner le barrage par une piste qui passe dans la montagne et que ça devrait passer avec notre véhicule. Nous sommes méfiants mais en ayant marre d’attendre et ne souhaitant pas rouler de nuit, nous tentons. La piste n’est pas si mauvaise mais finit en cul de sac, pas d’autre moyen que de monter encore et là la montée est plus que corsée… Ni une ni deux Cédric prend son élan et monte la côte à plein taquet, nous retenons tous notre souffle et je ne sais par quel miracle, ça passe ! Encore quelques kilomètres et nous arrivons enfin à contourner ce maudit barrage, nous pouvons maintenant rouler une heure jusqu’à la tombée de la nuit. Nous trouvons un charmant bivouac au bord d’un petit lac et d’une bergerie, les températures vont être fraîches mais nous passerons au moins la nuit au calme, quelle journée !

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, direction le Canyon Del Colca pour aller admirer les condors des Andes. Des paysages encore superbes tout au long de la route. Nous faisons une pause au col de Patapampa à 4910m d’altitude, notre record, nous sommes plus haut que le Mont-Blanc ! Nous voyons au loin de nombreux volcans et tout autour de nous sont dressées une multitude d’Apachetas, des amoncellements de pierres destinées aux divinités de la montagne. Les filles s’amusent à ajouter leurs pierres à l’édifice et en construisent quelques uns.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous atteignons le petit village de Chivay pour se ravitailler et empruntons une nouvelle fois une longue piste pour atteindre le Canyon. Petit à petit le rio creuse les montagnes et nous prenons de la hauteur, nous voyons sur l’autre versant les cultures en terrasses entretenues consciencieusement par les paysans. Le Canyon de Colca, ciselé par l’érosion, s’étire sur une centaine de kilomètres et sa vallée est considérée comme le deuxième canyon le plus profond au monde (3400m), il est en effet deux fois plus profond que le Grand Canyon du Colorado même s’il reste moins impressionnant. Nous arrivons dans l’après-midi au mirador de Cruz Del Condor qui donne une belle vue sur le canyon. Nous nous baladons en découvrant les lieux et apercevons très loin dans le ciel quelques condors. Nous nous asseyons au bord du Canyon quand un condor nous surprend et débouche à quelques mètres de nous. Nous avons à peine le temps de réaliser qu’il est déjà loin. Ensuite plus rien, nous attendons donc le lendemain matin pour en voir plus car ils apprécient particulièrement les thermiques qui circulent à cet endroit entre 8h30 et 9h30. Malheureusement nous ne sommes plus seuls des cars entiers de touristes ont envahi le parking, nous devons nous frayer un chemin pour accéder au bord du Canyon. Tout est calme quand tout à coup le balai commence, les condors sortent de je ne sais où mais ils sont bien là. Ces majestueux condors, oiseaux sacrés des Andes peuvent faire jusqu’à 3m d’envergure. Nous admirons leur vols gracieux pendant une heure en tentant difficilement de les prendre en photo et ils repartent aussi vite qu’ils sont arrivés. Nous faisons de même et repartons nous aussi mais avec comme ligne de mire la Bolivie !

 

 

 

Nous regagnons maintenant les berges du lac Titicaca pour le passage de la frontière. Nous avons passé plus d’un mois au Pérou qui nous a livré ses bons comme ses mauvais côtés ! La saleté du pays, ses villes et villages de désolation, sa côte désertique restent dans un petit coin de notre tête malgré la beauté de la Vallée Sacrée, du Machu Picchu et des paysages de l’Altiplano. Eh oui, les voyages c’est aussi cela, on découvre parfois l’envers du décor…

Maintenant nous allons voir ce que la Bolivie nous réserve !

2 commentaires

  1. dominique
    | Répondre

    comme toujours c’est parfait ma puce. j’ai refait une deuxième fois le voyage avec vous et s’etait presque aussi bien que la première. Gros bisous à tous les trois

  2. Coco
    | Répondre

    MAGNIFIQUE !!! Gros bisous à vous les Soc!

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